L'Italie, laboratoire de qualité
19 I 09 I 2005
L’Italie a plus de trois mille ans de tradition
viticole et une multitude de terroirs et de cépages. Ils ont aujourd’hui acquis
une réputation mondiale et le millésime 2005 s’annonce d’excellente facture.
En Italie, il n’est guère de région qui ne produise
du vin. La complexité du terroir est si grande qu’elle appelle à la
modestie. Le territoire de Bacchus
compte 200 DOC (Dénomination d’origine contrôlée) et près de 400 cépages. Malgré
cette richesse unique, le pays que les Grecs appelaient dans l’antiquité
Enotria, ou Terre du vin, s’est mis à produire juste après-guerre de très
grandes quantités de vins médiocres pour les exporter. Les meilleurs vins
étaient bus localement et il était même difficile de trouver des grands crus
d’une autre région.
La
péninsule revient de loin. Le système de classement des vins italien ne date
que de 1963 et a été réformé en 1992. Depuis, on assiste à une explosion de
bons vins et le pays est devenu un laboratoire de qualité. Il a remis en question
toutes les pratiques de vinification et d’élevage et a modernisé ses
installations. Les viticulteurs du Sud du pays (Campanie, Pouilles et Sicile)
ont fait de gros efforts, aussi bien dans les vignobles que dans les caves,
pour améliorer la qualité de leur vin. Mais voila, les prix se sont mis à
flamber, une bonne bouteille coûte entre 20 et 50 euros. Aujourd’hui la
difficulté n’est plus de faire un bon vin mais de le vendre.
« Notre plus gros atout, explique Fabio
Casciotti, directeur de la délégation commerciale d'Italie à Paris, est la diversité de nos cépages. C’est un
avantage par rapport aux autres pays dont la production se base sur un nombre
limité (Cabernet-Sauvignon, Merlot et Syrah pour les rouges, Chardonnay et
Sauvignon pour les blancs). Le cépage est l’expression du terroir,
poursuit-il, grâce à cette variété de
raisins et de domaines viticoles, le vignoble italien offre une véritable
galaxie d’arômes et de saveurs. »
Brunello
di montalcino, sassicaia, barbaresco, les vins italiens ont acquis une
réputation mondiale et le millésime 2005 s’annonce excellent. Toutes les
conditions sont réunies. Les blancs ont une structure aromatique riche, une
finesse et une fraîcheur prononcée et les rouges laissent espérer une structure
riche, un bon équilibre et un potentiel d’évolution.
En
attendant, l’Italie est à l’honneur à Paris. Cinq grandes adresses de la
gastronomie française dont trois étoiles au Guide rouge 2005 (Le Cinq, Pierre
Gagnaire, Ledoyen, Guy Savoy et Taillevent), ont mis sur leur carte une
sélection des meilleurs crus italiens issue de cépages représentatifs des
régions viticoles et de vins à moins de 10 euros. En octobre, le caviste
parisien Lavinia proposera pendant trois semaines une sélection de vins
italiens avec dégustations et présentations d’alliances mets-vins.
Les Pouilles et ses vins teinturiers et la Sicile sont les deux régions qui produisent le
plus de vins. Le chianti est le plus populaire et le brunello est le plus
renommé. C’est le premier à obtenir, en 1980, le statut de DOGC (dénomination
d’origine contrôlée et garantie), la dénomination la plus prestigieuse. Ce
rouge de Toscane parfumé, profond et riche aux saveurs de cerise noire est
élevé trois ans en fûtsC'est à Feruccio Biondi-Santi que l'on doit la création du « brunello ». Avant de le mettre en bouteille et de le vendre sous le nom de « brunello di Montalcino » en 1888, il avait rigoureusement sélectionné des cépages particulièrement adaptés à sa production. Ce vin couleur pelure d’oignon est élaboré exclusivement à partir de sangiovese appelé « sang de Jupiter ». Ce roi des vins est l’exemple de la tradition vinicole italienne.